• Vénus Rebelle

Présentation de la série des « Portraits des Maquillées »


Portraits format A4 - maquillage sur papier

Enfant, je prenais plaisir à observer ma mère se maquiller lorsqu’elle avait choisi une occasion de le faire. Un monde de sensations s’ouvrait à moi : les odeurs savonneuses des poudriers, les douces houppettes pour appliquer les fards, les bâtonnets qui ressemblaient à des crayons de couleurs. Je ne me lassais pas de la regarder se concentrer devant le miroir. Ma hâte de grandir n’avait d’égale que mon envie de l’imiter. Ma sœur ainée pu accéder à ce privilège la première. Se maquiller : un rituel de femmes.


Je ne me posais d’ailleurs aucune question. Je voulais faire comme ma mère, comme ma sœur, comme mes copines, comme toutes ces dames que je pouvais croiser dans la rue, au supermarché, à la télévision ou dans les magazines. Ce fut d’abord un peu de rose aux joues, puis du rouge aux lèvres. De temps à autre, pour les «  grandes occasions  », les fêtes. Puis un peu plus au lycée, et encore davantage à la faculté. Jusqu’à tous les jours une fois entrée dans la vie active.

Le maquillage est tout un art. N’emprunte-t-il pas tous ses codes à la peinture ? Les fards, pour commencer, sont dans des « palettes ». Pour prendre les teintes, nous utilisons différents « pinceaux ». Chaque matin, le visage devient une toile que l’on peut maquiller à loisir. « Sculptez votre visage* », « estompez à l’aide du pinceau* ». Et comme tout art, il possède des codes précis. Ne dépassez pas le cadre, point trop n’en faut sinon vous devenez « un pot de peinture », « une voiture volée », ou pire encore, « une pute ».

À travers ses portraits, j’ai pris le maquillage au pied de la lettre. Je l’ai utilisé comme de la peinture. Chaque partie des visages est obtenu par application du produit qui lui est destiné dans le domaine du maquillage : crème teintée pour la peau, mascara pour les cils, blush pour les pommettes, crayon à sourcils pour ces derniers.

Cela m’a permis d’interroger mon propre usage de ces artifices mais plus globalement le besoin de maquiller nos visages, pratique qui remonte à la nuit des temps. Quel est notre rapport à la beauté ? Pourquoi avoir besoin de « redessiner les contours de votre visage » alors qu’il existe déjà ? La feuille blanche, elle, a besoin d’un trait de crayon pour rendre le portrait vivant. Pourtant, le visage est quant à lui déjà bien réel.

Avec cette série de « Portraits des Maquillées », j’offre une trace à l’éphémère par nature. Ici, pas de lait ni de coton à démaquiller. J’ai dessiné les visages sur le papier, véritable miroir de notre utilisation de produits cosmétiques.


* expressions utilisées dans les newsletters maquillage auxquelles je suis abonnée.



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